Yoru s'était levée comme tout les matins, comme tous les jours, pour faire les tâches qu'elle avait à accomplir. Et à chaque minute, c'était un soupir. Elle n'avait plus goût à rien. Même le ciel, le soleil et les chants d'oiseaux ne la touchaient plus. Alors, quand elle eut fini sont travail, elle s'étendit sur les tatamis. Allongée sur le ventre, la tête à gauche, puis à droite, non, à gauche, décidément... De temps en temps le vide, proche du sommeil, s'emparait d'elle. Elle fermait les yeux, les ouvrait, les fermait de nouveau. Le vide encore venait. Puis elle repensait au samouraï son maître, son dieu vivant qu'elle aimait tant. Il ne lui avait rien promis certes, mais il lui avait dit qu'un jour ils seraient ensemble et que ce jour ferait parti de l'année en cours. Et, justement, c'était le début de l'année. Combien de temps faudrait-il encore attendre? Son dieu vivant, lui-même, ne connaissait pas la réponse. Un léger coup de vent et elle sentait si proche son doux samouraï aux yeux tendres. Un nuage arrivait et elle se sentait tellement seule. Sa grand-mère lui avait raconté jadis une histoire venue d'un autre pays. Dans ce conte, la jeune femme s'était endormi et un prince l'avait réveillé d'un baiser. Yoru ne se rappelait que succinctement de cette histoire et rêvait de s'endormir jusqu'à ce que son maître la réveille, le beau matin venu...