Il y avait en ce temps là dans le village un moine vagabond du nom de Chan. Ce vieux japonais d'origine chinoise n'était toléré par les villageois que parce qu'il avait consacré sa vie au bouddhisme zen. Yoru allait, comme chaque mois, prier au temple devant lequel le vieux sage récitait sans cesse des sutras. Il méditait encore ce jour là quand il la sentit arriver comme à son habitude, à plusieurs centaines de mètres. Le bruit léger de seszorisétait reconnaissable entre tous.Pourtantquelque chose avait changé chez Yoru. Elle passa devant le vieil homme et déposa dans son bol les quelques yens habituels. Elle aurait souhaité lui parler mais n'osait pas le déranger dans sa méditation. Contre toute attente, sans autre mouvement que ceux de sa bouche, il dit : " Tu as le coeur serré Yoru, libère-le. Tu n'as aucunement besoin de souffrir." Yoru resta immobile quelques instants, tourna légèrement la tête en direction du vieux sage, puis, après l'avoir salué, continua sa route. Sur le chemin du retour, tandis que le vieil homme esquissait un sourire, elle, ne cessait de repenser à ce qu'il venait de dire. Libère-ton coeur, se répétait-elle, libère ton coeur. Mais, maître Chan, comment? Comment libérer ce coeur si serré? Elle continua son chemin pour retourner à la maison.
il y aura toujours un vieux sage.. pour nous dire des trucs qu'on ne comprend pas toujours.... sauf avec le temps... yoru a de la chance en quelque sorte... le message du vieux moine n'est pas si obscure que ça.... enfin je dis ça je dis rien.. ;0)